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PLONGÉE PROFONDE LE MYSTÈRE DU PROTÉE

 

Disparu en décembre 1943, le sous-marin Protée, sister-ship du célèbre Casabianca, a été retrouvé en 1995 par Henri-Germain Delauze et son sous-marin Rémora 2 000 au large de Cassis. La profondeur de 125 m à laquelle il repose l’a longtemps rendu inaccessible aux plongeurs autonomes. Une première fois visité par le plongeur « tek » Florent Locatelli, il a fait l’objet d’une mission de l’association Deep-Sea-Odyssey en novembre dernier. Un reportage de Jean-Michel Pontier médecin-major de l’école de plongée de la Marine de Saint-Mandrier et responsable du projet. Photos Philippe Joachim, sauf mentions contraires.

 

 

J’ai vécu seul sans personne à qui parler véritablement… Jusqu’à ce jour de novembre 2013, où nous nous sommes tous retrouvés au petit matin sur le port de la Ciotat. Deux années venaient de s’écouler à la vitesse de la lumière depuis le jour où avait germé dans nos esprits le projet d’une expédition sous-marine à grande profondeur sur une épave hors du commun : le Protée. C’est en 2011, à l’occasion du festival Méditerranéa d’Antibes pour lequel j’étais membre du jury, que j’ai eu la chance de faire une rencontre qui n’allait pas tarder à exacerber ma soif d’aventure et d’exploration. Je faisais en effet à cette occasion la connaissance de la famille d’un des membres d’équipage de ce sous-marin disparu en 1943 au large des côtes de Provence dans des circonstances tragiques et encore mal élucidées. Durant ces deux années, nous nous sommes attachés à réunir autour de ce projet une équipe de spécialistes, des moyens techniques et financiers importants en vue de retracer en images les dernières heures qui ont précédé le naufrage du Protée et la catastrophe humaine qui s’en est suivie.À présent, le briefing avant plongée vient de se terminer avec une ultime répétition des rôles de chacun pour la réussite de cette plongée particulièrement engagée et difficile. Nous prenons le large dans nos embarcations semi-rigides en direction du point de mise à l’eau à plusieurs nautiques dans le sud du Bec de l’Aigle. Le transit s’effectue dans un silence presque religieux laissant à chacun la sérénité, le calme et la concentration nécessaire dans ce type d’intervention. C’est finalement le temps de l’équipement et de la mise à l’eau, moment de confrontation entre excitation, nécessaire pour accepter de réaliser une telle mission, et profonde mais sincère anxiété, gageure d’une prise de risque encadrée et contrôlée en partie.

 

Pour ce type de plongée profonde, le plongeur en scaphandre autonome n’apparaît plus comme le modèle d’aisance et d’agilité incarné par les hommes-grenouilles d’antan. Son dos est courbé pour maintenir en place les bouteilles des différents mélanges gazeux et son polygone de sustentation est élargi. Aidé par les plongeurs d’assistance et le reste de l’équipe en surface, il s’approche avec difficulté de la zone de mise à l’eau située à la verticale de l’épave.

Tout s’enchaîne alors très vite et à cet instant précis plus rien ne semblera pouvoir stopper sa progression afin d’accomplir cette mission longuement préparée et mûrement réfléchie.

Le binôme de plongeurs engoncé et contraint par le matériel se trouve, par la vertu du milieu dans lequel il vient de s’immerger, tout à fait libéré lorsque débute la descente sous la surface de l’eau. Leurs oreilles ne tardent pas à les rappeler à l’ordre dès les premiers mètres… L’isotropie apparente de l’eau qui entoure leur progression vers l’épave mitige cette sensation de confort physique d’une pointe d’anxiété surtout à l’approche de la zone au-delà des 80 mètres. Mais voilà qu’apparaissent dans leur lunette de plongée quelques taches floues qui annoncent l’approche de leur but. Très rapidement c’est l’image, d’une netteté surprenante, du relief sous-marin qui se précipite vers eux dans une nuit d’un bleu profond. Ils n’éprouvent alors plus que le sentiment d’une aisance et d’une liberté presque totale, ainsi que la sensation exaltante de maîtriser en partie le monde qui est le leur pour quelques minutes…

UN SOUS-MARIN DE 1 500 TONNES

 

Le Protée a été mis en chantier à La Seyne-sur-Mer en 1928, lancé en 1930 et admis au service actif en 1932. Ce sous-marin de 1 500 tonnes était l’un des sister-ships du célèbre Casabianca, entré dans l’histoire pour s’être échappé de Toulon lors du sabordage de la flotte le 27 novembre 1942. En août 1939, à la déclaration de la guerre, le Protée faisait partie de la 3e escadrille de sous-marins basée à Toulon. Sous les ordres de l’amiral Afrique, il rejoint Casablanca en février 1940, après une escale à Oran puis il est affecté au groupe des sous-marins du Sud-Est de la division navale du Levant. Il arrive à Beyrouth, sa nouvelle base, le 2 mai. Il croise autour des îles du Dodécanèse entre Léros et la côte turque, en compagnie de l’Espadon et du Phoque lorsque survient l’armistice du 25 juin. Dans ce contexte incertain, l’ordre de rallier sa base ne lui étant pas parvenu, le commandant du bâtiment, le capitaine de corvette Garreau, juge prudent de gagner Alexandrie. Arrivé en Égypte deux jours plus tard, le Protée se place sous les ordres du contre-amiral Godfroy, le commandant de la Force X qui partageait alors les mouillages du port égyptien.


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