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UN PARADIS MARTINIQUAIS DANS LES JARDINS DE SAINT-PIERRE

Qu’est-ce qui nous fait aimer la plongée à Saint-Pierre en Martinique ? Avec cette Pelée, la tête toujours dans les nuages ? Pour ses épaves sûrement, pour ses tortues, pour ses gorgones plumes, pour ses crevettes et crabes flèches, pour ses éponges très colorées. Et surtout pour sa nature caraïbe sauvage et généreuse. Un reportage de Fred Di Méglio.  Photos de l’auteur.

 

 

 

À son apogée, au XIXe siècle, Saint-Pierre est une grande cité, nonchalante et opulente, qui rayonne sur toutes les Antilles. Grâce à l’industrie sucrière et suite au commerce des esclaves avec son port et sa baie, ce chef-lieu de la Martinique est bien la capitale économique et culturelle des Caraïbes. Cette belle perle tropicale est surnommée le Petit Paris des Antilles ou encore la Venise tropicale. Mais des jours très sombres s’annoncent.

 

LE DRAME DE 1902

Courant avril 1902, des fumerolles apparaissent au sommet de la Pelée qui domine la ville, suivie d’une pluie de cendres. Une odeur de soufre envahit les quartiers. La tragédie se met en place. C’est le deuxième tour des élections législatives, au gré de leurs opinions politiques, adversaires et partisans de l’évacuation de la ville s’affrontent. Scolopendres et serpents chassés des pentes du volcan envahissent les rues. Les bas-fonds de Saint-Pierre sont noyés par un mini-tsunami. C’est le jeudi 8 mai, jour de l’Ascension, que la funeste nuée ardente va s’abattre sur la ville et le port. Le matin, la Pelée paraît calmée, la pluie nocturne semble avoir lavée la ville, puis à midi la montagne s’ouvre brutalement en deux. La nuée gazeuse et compacte de plus de mille degrés va détruire en quelques minutes toute vie. Ce magma et ces cendres pulvérisées anéantissent toute construction, calcinant tout sur leur passage et tuant près de 30 000 personnes. Il ne s’écoula qu’une minute entre l’explosion fatale et l’arrivée de la nuée aux limites de la ville. Le nuage et les cendres roulent en tourbillons du port sur les eaux jusqu’aux bateaux. Le paradis devient l’enfer. Un cyclone qui incendie tout ce qu’il touche à l’instant. Les quarante navires au mouillage dans la rade brûlent et coulent, seul un bateau plus au large et dont les chaudières étaient en marche put s’échapper de justesse et éviter l’anéantissement. Le commandant du Roddam prononcera cette phrase « Nous venons des portes de l’enfer, vous pouvez télégraphier au monde qu’il n’y a plus âme vivante à St-Pierre ». Il ne reste aujourd’hui que quelques épaves aux cheveux blancs, ornées de virgulaires et d’éponges. Le Tamaya, un voilier trois mâts, à 85 m de profondeur et le Roraima, un cargo vapeur acier, à 60 m, tous deux bien conservés en sont les plus beaux fleurons. Il ne restera qu’un seul survivant dans la ville, le prisonnier Auguste Cyparis, lequel malgré ses brûlures survécut à la catastrophe, grâce aux murs épais de son cachot. Une deuxième éruption eut lieu quelques jours plus tard et finit de réduire en cendres les vestiges restants. Ce type d’éruption volcanique était totalement inconnu à l’époque, les prévisions sur des coulées de lave étaient rassurantes et assuraient que tout descendrait vers le nord. Cet événement de nuée ardente sera nommé plus tard par les scientifiques « éruptions péléennes », comme une cocotte-minute qui monterait en pression et expulserait en s’ouvrant tout d’un coup son contenu gazeux incandescent. Saint-Pierre fut ainsi rayée à l’instant totalement de la carte. Il faudra des dizaines d’années pour que cette perle tropicale renaisse un petit peu, mais pas son port, tandis que Fort de France lui ravissait le titre de capitale de l’île de la Martinique.

 

 

LES ÉPAVES DU VOLCAN

C’est en 1974 que Michel Météry entreprit l’exploration de la rade à la recherche des épaves coulées lors de l’éruption cataclysmique de 1902. Beaucoup de celles-ci dont il ne reste que peu de vestiges ne purent être vraiment identifiées. La plupart sont ainsi peu intéressantes. Notre explorateur trouva ainsi le Roraima. Ce dernier gît à 300 m du rivage, dans l’axe de l’église visible au loin, il est posé dans le bleu très sombre sur un fond sablo-vaseux de 60 mètres. Un gros flotteur en surface permet maintenant de descendre le long du câble d’acier mis en place jusqu’en bas. Ce cargo mixte vapeur de 120 m de long et de 25 m de large est sans conteste une très belle immersion, pour des plongeurs au minimum niveau 3 aguerris.

 


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