Les actions des structures labellisées en février 2015

Le comité directeur national de la FFESSM de février 2015 a décerné, pour sa première édition, le label Écosub® à 15 structures de la FFESSM: clubs, bases fédérales ou comités. Ce label vient en reconnaissance de leurs engagements pour des activités subaquatiques responsables au plan environnemental, social ou citoyen.

De la "biodiversité" à la FFESSM : diversité géographique et diversité de structures


Les 15 premières structures labellisées Ecosub® sont originaires de 8 comités sur les 17 que compte la fédération. Elles témoignent d’un bon essaimage géographique des initiatives : la ligue des Pays normands, la base fédérale d’Hendaye, la base régionale de la Gravière du Fort, le CODEP 13 (Bouches-du-Rhône), le CODEP 19 (Corrèze), le CODEP 63 (Puy-de-Dôme), le CODEP 69 (Rhône), le club Caux Moana, le club des Marsouins du Perreux, le club Cap Tours Nord plongée, l’Association sportive Rouen université club (ASRUC), le Club subaquatique rouennais, le club CNV Plongée, le Club sportif cheminot nîmois (CSCN), le Club sportif des Pompiers du Gard (CSPG).

Bord de mer, lacs et gravières, piscines, les candidats démontrent que le développement durable peut se traduire quels que soient les lieux de pratiques. D’un petit club à une base fédérale, ils prouvent aussi qu’il ne faut pas forcément être « gros » pour s’engager mais que les idées de quelques-uns suffisent à insuffler une dynamique.


Des démarches exemplaires

Que les démarches présentées soient particulièrement innovantes ou originales, ou qu’elles soient plus classiques, le label a été attribué à partir du moment où elles répondaient à au moins 4 des « 10 engagements de la FFESSM pour le Développement durable ». L’appréciation porte sur la démarche globale, avec des critères variés tels que l’inscription dans la durée, l’engagement collectif, l’exemplarité et la reproductibilité, l’innovation, l’originalité et le caractère pédagogique. Cette première vague de labellisation permet de mettre en lumière des actions exemplaires autant sur le volet environnemental que sur le volet social du développement durable. L’accessibilité des pratiques subaquatiques à tous les types de publics est un sujet dont plusieurs structures se sont emparées de façon tout à fait originale.

  • Pour les personnes en situation de handicap (Handisub®) avec la formation de moniteurs, la mise en place d’installations telles qu’une cale de mise à l’eau pour mobilités réduites, accès roulant, rampes, barrières, plateaux, l’organisation de sorties en mer (mixité avec des personnes valides ou non selon les structures), le projet pilote auprès des malvoyants (PSH sensoriels) porté par le CSPG…
  • Pour la féminisation des activités, avec l’organisation de manifestations ciblées sur le public féminin, la création de groupes de travail, ou encore la réalisation d’études qualitatives et quantitatives…
  • Pour les jeunes, avec par exemple l’initiative de la base fédérale d’Hendaye qui accueille des enfants issus de Z.U.S. afin de leur faire découvrir l’ensemble des activités de la FFESSM, ou encore le club Caux Moana qui organise depuis 2000 les Odyliades, réunissant plus de 150 jeunes participants, et qui a mis en place un conseil d’administration des jeunes (un représentant de chaque site)…
  • Pour les personnes en difficulté sociale avec le partenariat que le club Cap Tours Nord Plongée a mis en place avec le centre social Léo Lagrange de Tours Nord, ou l’initiation à la plongée pour les JAMO (jeunes avec moins d’opportunité) prise en charge par les moniteurs du CSPG…


Certains comptent les crapauds verts, d'autres les mérous !

Comptage de batraciens à la Gravière du Fort, la veille biologique et le comptage d’espèces par le CODEP 13 sur les récifs artificiels de la rade de Marseille et dans le Parc national des Calanques, l’éducation à l’environnement et la contribution à la connaissance des écosystèmes et à la veille écologique font partie des sujets phares de nos activités.

Ces opérations, répétées tous les ans, parfois en fonction des saisons sembleront à certains anecdotiques mais s’inscrivent dans des logiques éducatives et passionnées à long terme : la mise en place d’une charte pour une plongée responsable en eau douce, la réalisation de DVD, des partenariats avec des associations locales ou avec des écoles, la sensibilisation aux écogestes et au milieu naturel lors des sorties (présentations sur la vie en eau douce et en pleine eau, sur les récifs coralliens par le club des Marsouins du Perreux), la découverte et l’utilisation de Doris et BioObs, des conférences…


Des actions citoyennes et solidaires

Le partenariat entre le CODEP 19 et la protection civile permet la réalisation d’aménagements et de sécurisation de sites de plongée sur tout le département (stationnements, sanitaires, rampes…). Le CODEP 63 organise le nettoyage annuel de sites (Gour de Tazenat). Le CNV Plongée s’implique dans les démarches de concertation pour un usage durable de l’espace subaquatique en participant aux réunions de la communauté d’agglomération des lacs d’Essonne, en particulier pour tout ce qui concerne la gestion des plans d’eau, et fait un retour systématique auprès de ses licenciés des actions mises en oeuvre. Le CSCN organise chaque année depuis 2011 une manifestation de plongée en faveur de l’AFM-Téléthon participation à des actions solidaires. Les bénévoles ne sont pas oubliés : l’ASRUC et le Club subaquatique rouennais organisent un concours de photographie sur la faune et la fl ore sous-marines, avec un diaporama présentant les bénévoles lauréats, d’autres réalisent des tee-shirts spécifi ques, braquent les projecteurs sur leurs initiatives dans leur site Internet.


Des idées à la portée de tous

Toutes les structures labellisées prouvent parfois avec imagination et fantaisie que le développement durable est à la portée de chacun et que les bénéfices sont multiples. Le CSPG a ainsi mis en place un système de co-voiturage dédié aux enfants, tout le monde y gagne, les jeunes bien entendu mais aussi la planète en réduisant les gaz à effet de serre. Le CODEP 69 a passé une convention avec une société privée permettant la location de minibus par les 70 clubs du département, et le Club Caux Moana a opté pour un logiciel de conférences téléphoniques pour limiter les déplacements lors des réunions. La Gravière du Fort, a lancé l’initiative « adopteunepoubelle.com », pour inviter à réfléchir et à gérer ses propres déchets, et aussi à solutionner l’absence de poubelle sur le site. La base fédérale d’Hendaye a mis en place un système permettant d’alimenter le circuit de douche et w.-c. et de rinçage du matériel en récupérant les eaux de pluie. Le vide grenier « spécial sports sous-marins » du CODEP 13, la bourse du matériel avec les clubs voisins de Cap Tours Nord Plongée permettent d’offrir une seconde vie, aux combinaisons, palmes, masques etc., le tout à des prix très attractifs. Si ces démarches vous donnent des idées, vous pourrez en savoir plus sur notre site internet fédéral.

 


Le point de vue de Sylvie GAUCHET, Vice-Présidente de la FFESSM
Déléguée au Développement Durable et présidente du Comité de suivi du label Ecosub®

Interview Subaqua Mars-Avril 2015 - N°259

Quelle est ton impression générale après cette 1ère vague de labellisation ?

Sylvie Gauchet : Depuis que je pilote au sein de la FFESSM la question du développement durable, j’ai la conviction qu’il faut mettre en lumière l’action de nos clubs et comités. Ce premier exercice montre deux choses : les lauréats prouvent que le label Écosub® est à la portée de tous, il suffit de déplacer légèrement l’angle sous lequel on conduit son action. Il apporte ensuite à tous les clubs un vivier de démarches originales qui ne demandent qu’à être diffusées pour donner à d’autres des idées. Le pari de départ est donc déjà gagné.

Quelles ont été pour toi les initiatives les plus remarquables ?

S.G. Le label Écosub® vient récompenser une démarche plus qu’un résultat : les candidats ont donc présenté des actions plus ou moins ambitieuses en fonction des moyens humains et financiers de chaque structure, mais aussi plus ou moins abouties en raison souvent de leur état d’avancement et de la maturité du projet associatif. J’ai été, et je crois l’ensemble du comité de suivi, enthousiasmée par l’initiative de la Gravière du Fort, présente sur tous les fronts, avec beaucoup de cohérence et d’inventivité, et dont on peut espérer qu’elle fera des émules. À une autre échelle, la démarche du club l’École subaquatique des Pompiers du Gard et Aquanature, tant au plan social qu’au plan environnemental, démontre tout le bénéfice qu’il y a à mobiliser avec intelligence les différents outils fédéraux existants.

Quels conseils pourrais-tu donner aux clubs, comités ou autres structures FFESSM qui souhaiteraient déposer leur candidature au label Écosub® ?

S.G. Le plus difficile pour nos clubs et comités c’est de prendre le temps du recul pour construire le dossier de labellisation. Il convient en effet d’éviter de présenter une addition d’actions sans montrer quelle est leur cohérence, quel est le projet général du club. C’est donc avant tout la démarche de la structure dans la durée qui est évaluée. L’activité d’une section « bio », la réalisation d’une formation RIFAP ou l’organisation d’une journée baptême pour un public spécifique, ne deviennent éligibles que si l’on démontre qu’il y a une dynamique globale sur ces sujets qui concernent tous les membres du club. En cas de difficulté, il ne faut pas hésiter à échanger avec notre chargée de mission Julie Tinetti.